« Non prioritaire », l’A45 doit être abandonnée et la DUP abrogée

Non prioritaire l'A45 doit etre abandonnée

Communiqué de presse de la coordination des opposants à l’A45

Place à la transition et aux alternatives soutenables

Le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) rend son rapport ce jeudi 1er février et l’A45 ne fait pas partie des projets prioritaires. Prélude à la future loi d’orientation des mobilités qui sera prochainement présentée au Parlement, ce rapport établit plusieurs scénarios, notamment en fonction de la disponibilité budgétaire. La coordination des opposants à l’A45, qui a réuni près de 10 000 personnes et 130 tracteurs lors du rassemblement des 1er et 2 juillet 2017, tient à rappeler que le projet d’autoroute A45, quelles que soient les sources de financement envisagées, ne répond à aucune des priorités fixées par la ministre Elisabeth Borne : non prioritaire, l’A45 doit être abandonnée, la déclaration d’utilité publique abrogée et les financements prévus doivent aller aux alternatives soutenables et aux mobilités de demain.

 

« Entretien et modernisation des réseaux existants », « amélioration des transports du quotidien », « lutte contre la congestion »,« réduction des émissions de gaz à effet de serre et des nuisances », ces quelques priorités fixées par la ministre Elisabeth Borne pour les futurs investissements dans les infrastructures de transports suffisent pour justifier l’abandon définitif du projet d’autoroute A45, cette deuxième autoroute parallèle à l’autoroute existante entre Brignais (Rhône) et La Fouillouse (Loire).

A ces exigences, les promoteurs de l’A45 n’ont apporté aucune réponse satisfaisante, sérieuse et sincère. Alors que la déclaration d’utilité publique n’est valable qu’en cas de raccordement de l’A45 à l’A450, cette option est totalement impraticable puisque l’A450, en particulier le secteur de Pierre-Bénite, est d’ores-et-déjà l’un des endroits actuellement les plus congestionnés de la métropole lyonnaise et que les parties urbaines de l’A6 et de l’A7 viennent d’être déclassées. Le raccordement de l’A45 au réseau existant n’est ni prévu, ni financé.

Les promoteurs de l’A45 se sont également bien gardés d’expliquer que les habitants de Saint-Etienne Métropole, et plus généralement les habitants de la Loire, au nom desquels ils prétendent agir, auraient été conduits à payer l’autoroute plusieurs fois, en tant que contribuables de la métropole, du département, de la région, de l’Etat mais aussi en tant qu’usager d’une autoroute payante dont il est prévu que le concessionnaire puisse régulièrement augmenter les tarifs.

Engager 790 millions d’euros de subvention publique, pour permettre au futur concessionnaire de ne pas perdre d’argent, aurait eu pour conséquence d’aggraver le manque de financements pour le déploiement et l’amélioration des modes de transport de la vie quotidienne, notamment dans la vallée du Gier. Cette subvention dite « d’équilibre », complètement disproportionnée au regard du coût initial du projet – 1,2 milliard d’euros tel qu’évalué en 2005 – ne relevait manifestement pas de « l’affectation la plus pertinente et parcimonieuse des fonds publics existants » comme le préconise le travail de la Commission. A ce prix-là, comment justifier de construire une deuxième autoroute plutôt qu’entretenir et moderniser l’A47 et la voie ferrée existantes ?

Alors que le gouvernement français vient d’être convoqué par Bruxelles pour s’expliquer quant à ses manquements en matière de la lutte contre la pollution de l’air (dépassements répétés des valeurs limites d’exposition aux particules fines et au dioxyde d’azote), notamment en Région Rhône-Alpes, comment aurait-il pu justifier la construction d’une autoroute dont la déclaration d’utilité publique, qui date de 2008, est basée sur des études qui prévoient une augmentation très significative des rejets polluants dans l’atmosphère, ainsi qu’une augmentation de 85 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2035, par rapport à la situation de 2004 ?

Plutôt que vouloir les bétonner, les terres agricoles des Coteaux du Lyonnais et des Coteaux du Jarez qui alimentent les métropoles lyonnaise et stéphanoise en produits de qualité, devraient être protégées : certaines de ces fermes ne sont-elles pas connues pour avoir été à l’origine du premier magasin de producteurs du pays, un exemple qui a largement essaimé depuis ? Ces territoires constituent aussi l’habitat d’une biodiversité exceptionnelle, composée de nombreuses espèces protégées et/ou fragiles dont dépend directement l’équilibre des écosystèmes présents : leur destruction serait en totale contradiction avec les engagements pris par le gouvernement en matière de protection de la biodiversité.

Fondé sur un accroissement insoutenable du transport routier et des polluants qui l’accompagne, le projet d’autoroute A45 est une aberration d’un temps où aligner les kilomètres de bitume servait de seule boussole aux politiques « d’aménagement du territoire ». Les temps ont changé. Les priorités aussi.

La coordination des opposants à l’A45 se satisfait de voir que l’A45 ne fait pas partie des priorités du rapport de la Commission d’orientation des infrastructures. Elle appelle donc le gouvernement à ne pas signer le projet de décret donnant concession de l’autoroute à Vinci, mais aussi à abroger la Déclaration d’utilité publique de 2008 – seule manière de tourner la page définitivement – et à consacrer les financements prévus à l’amélioration des modes de transport du quotidien dans les départements de la Loire et du Rhône.

La coordination renouvelle son invitation auprès d’Elisabeth Borne et Nicolas Hulot à venir sur le terrain, rencontrer les paysan·ne·s, habitant·e·s, citoyen·ne·s et élu·e·s locaux afin d’échanger sur les solutions alternatives, plus efficaces et moins coûteuses que le projet d’autoroute A45.

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La coordination des opposants à l’A45
Saint-Jean de Touslas, 1er février 2018

Note pour les rédactions :

 

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